Plan CASI : la FNSEA demande au Gouvernement de revoir sa copie

Après les annonces du Plan CASI présentées le 4 septembre par la ministre de l’Agriculture, jugées largement insuffisantes au regard de la situation des exploitations, la FNSEA a appelé l’ensemble de son réseau à se mobiliser auprès des préfets.

Dans ce contexte, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et Jérôme Despey, premier vice-président, ont rencontré le Premier ministre le 9 septembre. Le message porté est clair : le Gouvernement doit rapidement renforcer son plan de soutien à l’agriculture, sans attendre la date de revoyure annoncée au 15 octobre.

Des mesures immédiates pour soulager les trésoreries

Face aux difficultés rencontrées dans de nombreuses exploitations, la FNSEA demande notamment :

  • la création d’un prêt de trésorerie sur 24 mois, avec une prise en charge intégrale des intérêts et des frais par les banques et l’État ;
  • une augmentation du fonds de réarmement agricole, notamment pour couvrir les besoins liés à l’alimentation et au fourrage des élevages ;
  • une hausse des enveloppes de prise en charge des cotisations sociales (PEC), avec des critères d’accès simplifiés ;
  • la possibilité de cotiser en 2027 sur les revenus issus des récoltes et productions de 2026 ;
  • une simplification du dispositif d’aide à l’achat d’engrais azotés, afin de couvrir l’ensemble des achats nécessaires à la campagne 2026-2027 ;
  • l’accélération des dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) ;
  • un accès plus rapide et plus simple à l’Indemnité de solidarité nationale (ISN).

La FNSEA demande également que la sécheresse 2026 soit reconnue comme un cas de force majeure et que les obligations de la PAC devenues impossibles à respecter soient adaptées : couverture des sols, CIPAN, BCAE 6, MAEC, taux de chargement ou encore certaines aides couplées.

Préparer également la relance pour 2027

Au-delà des mesures d’urgence, la FNSEA demande que plusieurs dispositions soient intégrées aux prochains textes budgétaires.

Parmi les principales propositions figurent l’amélioration de la Déduction pour épargne de précaution (DEP), avec un taux d’exonération porté de 30 à 50 % et un plafond pluriannuel relevé à 250 000 €, ainsi que le maintien d’un soutien au GNR et l’absence de nouvelles hausses de taxes pesant sur les exploitations.

La FNSEA demande également des mesures pour accompagner les investissements et l’adaptation au changement climatique, maintenir le régime actuel d’exonération des plus-values professionnelles, reconduire le crédit d’impôt HVE et renforcer les dispositifs en faveur de l’élevage bovin.

Elle réclame par ailleurs le maintien du dispositif TODE, un meilleur accompagnement des projets de méthanisation, d’agrivoltaïsme et de photovoltaïque en toiture, ainsi qu’une application plus stricte de la loi EGAlim afin que les prix payés aux producteurs couvrent réellement leurs coûts de production.

Aucun agriculteur ne doit rester sans solution

Pour la FNSEA, les mesures annoncées jusqu’à présent ne sont donc qu’une première étape. L’urgence est désormais d’apporter rapidement des réponses concrètes aux exploitations confrontées à des difficultés de trésorerie, tout en préparant des mesures de relance plus structurelles pour 2027.

La mobilisation se poursuit auprès du Gouvernement et des préfets afin d’obtenir des dispositifs à la hauteur de la crise agricole actuelle.

La ligne défendue reste claire : aucun agriculteur en difficulté ne doit être laissé sans réponse ni solution.

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