Les données fin juillet sont paradoxales sur le département : les cours d’eau sont clairement en souffrance du fait de la sécheresse de surface et des épisodes caniculaires successifs.
A l’inverse, malgré un recours à l’irrigation significatif dès les premières chaleurs, les nappes souterraines résistent extrêmement bien.
Devant ces chiffres, au motif du niveau d’étiage des cours d’eau, une proposition a été formulée par l’administration pour passer en vigilance renforcée l’Ancre et l’Avre, et en alerte Somme Aval – Nièvre Hallue – Selle – Maye et Bresle. Ces mesures auraient été dures, car dès le niveau de vigilance renforcée, le coefficient de foisonnement (qui est lié à l’évolution de la densité d’irrigation) s’applique et cela peut générer de violents rabattement (c’est le cas de l’Ancre), et l’alerte amène une réduction supplémentaire. Dans cette hypothèse, alors même que l’année est complexe, le volume d’eau n’aurait pas suffi à finir la campagne.
Les représentants FDSEA et Chambre d’agriculture présents ont insisté sur la décorrélation entre ce qu’on observe dans les rivières et ce qu’on observe dans les nappes, et qu’au regard des nappes, il n’y a pas ou peu de difficulté. « Ce n’est certes pas une raison pour ne pas se soucier de la ressource, mais cela ne justifie pas des mesures de restriction radicales et insupportables ». Au final, le Préfet a tranché sur une position intermédiaire : le niveau global de sécheresse amène tout le département à devoir être parcimonieux sur la ressource en eau, donc il appelle particuliers, industriels et agriculteurs à la plus grande finesse d’usage de l’eau.
L’ensemble du département bascule ainsi en niveau de sécheresse « Vigilance », sauf la Bresle qui bascule en « Vigilance renforcée » du fait de la décision de Sien Normandie (Alerte sur cette masse d’eau) dont la Somme ne peut pas totalement se déconnecter. Il annonce aussi refaire un point dans 2 à 3 semaines pour surveiller les niveaux. Cette décision permet d’envisager une fin de campagne moins brutale dans l’accès à l’eau, et annonce aussi une revoyure prochaine. Il faut donc à présent commencer à gérer très finement la rareté, pour finir la campagne dans les moins mauvaises conditions d’accès à l’eau.
Rappel des mesures par seuil
Vigilance : seules les cultures prioritaires sont irrigables
Vigilance renforcée = vigilance + application du coefficient de foisonnement par masse d’eau
Alerte = VR + réduction sur le volume à prélever pouvant aller jusqu’à 21%
Alerte renforcée = VR + réduction sur le volume à prélever pouvant aller jusqu’à 35%
Crise = coefficient de foisonnement + mesures plus fortes pouvant aller jusqu’à l’interdiction sur cultures et l’interdiction de 9h à 18h en maraichage
