Portraits des candidats à la chambre d’agriculture

Paul Gaffet fait partie des candidats du collège 1 (chefs d’exploitation), sur la liste FDSEA/JA aux élections à la Chambre d’agriculture de la Somme, jusqu’au 31 janvier. Pour le polyculteur d’Esmery-Hallon, cette OPA apporte de la technicité aux agriculteurs, et doit défendre leurs intérêts, tel que l’accès à l’eau.

Pour vivre pleinement de votre métier d’agriculteur, quels développements avez-vous menés dans votre ferme ?
Je me suis installé en 2018, sur la ferme de mon papa, décédé quelques années auparavant. Il s’agissait d’une exploitation céréalière de 97 hectares. J’étais donc double actif, avec une activité dans l’expertise des marchés des céréales. Petit à petit, j’ai diversifié les productions, avec des pommes de terre pour le marché du frais, puis des légumes d’industrie et des oignons, le tout grâce à l’irrigation. Ces productions à valeur ajoutée m’ont permis de revenir à 100 % à la ferme.

De quelle manière vous engagez-vous pour défendre la profession ?
Je suis hyper curieux, et j’aime comprendre le fonctionnement du monde agricole. Je suis administrateur à l’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre). Ça me permet de discuter avec des producteurs d’autres régions, d’échanger sur la manière de mieux défendre les producteurs… C’est valorisant, parce qu’il y a de la réactivité. On effectue un gros boulot de lobbying pour la filière, avec des résultats probants. Désormais, je suis aussi motivé à m’engager auprès de la Chambre d’agriculture, pour défendre également les intérêts des agriculteurs auprès de l’administration.

Qu’est-ce que la Chambre d’agriculture doit importer aux agriculteurs ?
En tant qu’agriculteur, je fais partie d’un groupe technique animé par la chambre. Nous avons besoin de la science et d’expertise pour progresser dans nos manières de produire, pour monter en compétences. En production de pommes de terre, par exemple, nous avons besoin de plus de références sur l’efficacité des différents matériels d’irrigation, sur leur pilotage… Cette expertise nous offre aussi la possibilité de rester indépendant dans nos achats, et par rapport à nos clients.

Sur quel dossier vous impliquerez-vous ?
Le sujet de l’eau me paraît essentiel. Une des richesses de la Somme, ce sont les cultures à valeur ajoutée, qui peuvent être produites grâce à l’irrigation. On doit être très vigilant sur ce sujet. En année sèche, nous avons déjà été confrontés à des restrictions d’eau, qui peuvent avoir des conséquences économiques importantes pour nos exploitations. Je me bats auprès de l’UNPT pour garantir l’accès à l’eau des agriculteurs-irrigants, et j’aurais à cœur de la faire auprès de la Chambre d’agriculture.

Frédéric Dehurtevent fait partie des candidats du collège 1 (chefs d’exploitation), sur la liste FDSEA/JA aux élections à la Chambre d’agriculture de la Somme. Le double-actif de Lamotte-Warfusée veut défendre ce statut, garant de la diversité de l’agriculture samarienne.
Polyculteur à Lamotte-Warfusée, vous avez conservé une double-activité toute votre carrière.

Qu’est-ce que ce statut vous apporte ?
J’ai repris l’exploitation familiale de polyculture de 140 hectares en 2007 (blé, pommes de terre, pois, haricots, betteraves…), et j’ai conservé un tiers temps chez mon employeur, le semencier Deleplanque, pour qui j’assure le suivi des bancs d’essais. L’avantage, c’est de voir comment ça se passe ailleurs. Dans la Somme, on reste un secteur privilégié. On est loin de connaître les difficultés des agriculteurs du sud. Cela dit, nous devons défendre les intérêts de notre profession. Pour cela, l’engagement des agriculteurs vous paraît indispensable… Pour nous défendre, nous avons besoin de nous regrouper. Je suis maire de ma commune depuis 2009. J’ai repris cette fonction au décès de mon papa, qui était maire. C’est indispensable, car s’il n’y a plus d’agriculteurs au sein des conseils municipaux, nos intérêts vont passer à la trappe. Le syndicat agricole, et la Chambre d’agriculture, sont une suite logique.

Qu’est-ce que vous voulez défendre en particulier ?
La double activité est essentielle pour garantir l’installation des jeunes. Multiplier les “petites“ exploitations, c’est développer le territoire, avec une plaine plus diversifiée. Le risque de l’agrandissement démesuré des exploitations, c’est l’explosion du coût du foncier, et des fermes intransmissibles. Voulons-nous que seuls les industriels soient capables d’acheter nos fermes démesurées ? Nous serions alors de simples exécutants. Pour cela, la Chambre d’agriculture doit accompagner les pluriactifs. Les dossiers administratifs sont complexes, lorsque l’on dépend à la fois de la MSA et de la CPAM, par exemple… Ce statut a besoin d’être protégé.

Sur quel autre dossier vous impliquerez-vous ?
Avec mon expérience d’élu local, j’ai une connaissance du sujet de l’aménagement du territoire. Les agriculteurs doivent s’en emparer et se positionner, pour ne pas subir. Les plans de prévention des inondations sont un bon exemple. L’agriculture est source de solutions, certes. Mais mieux vaut proposer et discuter, plutôt que de se voir imposer des ouvrages qui entraveront les travaux des champs au quotidien

Alexandra Cannesson : «la diversité de l’agriculture me tient à cœur» . Alexandra Cannesson fait partie des candidats du collège 1 (chefs d’exploitation), sur la liste FDSEA/JA aux élections à la Chambre d’agriculture de la Somme, jusqu’au 31 janvier. L’agricultrice d’Estrées-les-Crécy, pour qui le collectif a toujours été un moteur, s’engage pour défendre la diversité de l’agriculture, et tous les agriculteurs.

Vous êtes installée depuis peu, mais votre parcours a toujours tourné autour de l’agriculture. Lequel est-il ?
Je suis ingénieure-juriste en environnement de formation. J’ai travaillé pendant plus de treize ans à la Chambre d’agriculture de la Somme, notamment au service diversification, auprès des éleveurs de moutons AOP des prés salés, puis au service urbanisme. Je me suis installée depuis presque quatre ans, en rejoignant mon mari, Fabien, lui-même installé en 2007, à Estrée-les-Crécy. Il s’agit d’une ferme de polyculture (céréales, lin textile, betteraves, légumes d’industrie et plants de pommes de terre), et d’élevage allaitant, avec vingt-cinq mères Angus. J’y gère toute la partie administrative, et la gestion de nos salariés. Ça me prend 50 % de mon temps, tellement il y a de paperasse… J’avais aussi besoin de concret, alors j’ai développé un atelier de production et de vente en circuits courts de plantes aromatiques et médicinales. Les plantes m’ont toujours accompagné au quotidien. J’avais envie d’aller plus loin en produisant directement.

Quelle est votre motivation à vous engager auprès de la Chambre d’agriculture ?
J’ai toujours eu le sens du collectif. Lorsque j’étais salariée de la Chambre d’agriculture, j’étais déléguée du personnel, et présidente de l’association des salariés. J’aime défendre mes idées et ce que j’estime être juste. Le programme FDSEA-JA m’a convaincu. Je m’y reconnais, alors j’ai en- vie de le rendre possible. Grâce à mes anciennes fonctions, j’ai une vision des problématiques en urbanisme. J’ai aussi appréhendé la vision qu’ont les élus locaux de l’agriculture. Je sais ce qu’il faut aller défendre, et de quelle manière auprès de ces élus.
Il faut permettre à toutes les formes d’agriculture de pouvoir exister

Y a-t-il un point du programme qui vous tient particulièrement à cœur ?
La diversité des exploitations est essentielle. Il faut permettre à toutes les formes d’agriculture de pouvoir exister. Mon exemple est parlant : en m’installant, j’ai créé un atelier de production de plantes aromatiques et médicinales. C’est peu commun, mais c’est un projet agricole qui doit pouvoir exister.

À quelles conditions cette diversité peut-elle exister ?
Diversité et revenu vont de pair. Il faut donc une juste rémunération du travail des agriculteurs, pour une activité viable à long terme. Il faut aussi simplifier les règles et les normes. Elles nous assomment. La force de la Chambre d’agriculture, pour défendre cela, c’est qu’elle est dans la construction, riche de compétences. Nous avons be- soin de technicité pour aller au charbon, et faire avancer les dossiers. La liste majoritaire donne une orientation à la politique de la Chambre, évidemment, mais celle-ci est là pour défendre tous les agriculteurs, qu’ils appartiennent à un syndicat ou non. Et cela me plaît

Thibaut Henocque : «la Chambre doit tirer les agriculteurs vers le haut». Thibaut Henocque fait partie des candidats du collège 1 (chefs d’exploitation), sur la liste FDSEA/JA aux élections à la Chambre d’agriculture de la Somme. Pour le polyculteur-éleveur laitier de Vaudricourt, la chambre doit permettre d’ouvrir des portes aux agriculteurs porteurs de projets, grâce à une montée en compétences

Quel est votre parcours, en tant qu’agriculteur, et en tant qu’engagé dans la profession ?
Devenir agriculteur était une évidence. Je suis installé en Gaec avec mon frère, Fabien, à Vaudricourt, près de la cote. Nous avons repris l’exploitation familiale en 2001 et 2002. Aujourd’hui, nous élevons quatre-vingts vaches laitières, et nous produisons des pommes de terre, du lin, des pois, des haricots, des betteraves et des céréales… Nous sommes aussi engagés dans la construction d’un méthaniseur en commun, avec trois autres fermes d’élevage. Nous travaillons d’ailleurs beaucoup en collectif. C’est sûrement cet esprit qui m’a poussé rapidement vers le syndicalisme. J’ai été convié à une première ré- union des Jeunes agriculteurs de mon secteur, et j’y suis toujours resté. J’ai été président des JA de la Somme, puis de la région Nord, et je suis aujourd’hui président du SEA du Vimeu Maritime. C’est en étant engagé qu’on peut améliorer les choses

Quelle est votre motivation à vous engager auprès de la Chambre d’agriculture ?
Je faisais partie du conseil de la Chambre d’agriculture lorsque j’étais président des JA, puis lors du précédent mandat en tant que membre invité. J’étais un référent pour le secteur du littoral et des bas-champs, qui rencontre des problématiques bien spécifiques (véloroute, dépoldérisation…). Pour moi, la Chambre d’agriculture est un trait d’union entre les agriculteurs et les pouvoirs publics. Grâce au conseil, elle apporte des services précieux aux exploitants, qu’ils soient éleveurs, maraîchers, irrigants… Je suis conscient qu’elle peut s’améliorer, et c’est pour cela que je veux y être. Je suis assez critique, mais ça ne suffit pas. Il faut se mouiller pour faire avancer les choses

Qu’est-ce que vous voulez défendre en particulier ?
La Chambre doit tirer les agriculteurs vers le haut. Elle doit permettre d’accompagner les agriculteurs qui ont des idées, et proposer du développement. Pour cela, l’innovation est essentielle. La Somme a un fort potentiel agricole, grâce aux terres fertiles et aux industries qui y sont installées notamment. Pour pouvoir continuer d’exploiter, on a besoin entre autres de solutions alternatives aux solutions chimiques de plus en plus rares, et de solutions de gestion de l’eau. Pour tout cela, les experts de la Chambre doivent sans cesse mon- ter en compétences. Les agriculteurs sont de plus en plus formés.
Pour accompagner les agriculteurs, l’innovation est essentielle.
Beaucoup de jeunes s’installent avec un diplôme d’ingénieur en poche. Il faut pouvoir continuer à les faire progresser.

Sur quels dossiers vous impliquerez-vous ?
Comme j’ai mené avec mes collègues un projet de méthaniseur, je me sens concerné par les énergies renouvelables. Elles offrent de la valeur ajoutée aux exploitations, donc la profession aurait tort de s’en priver. Mais le tout doit être encadré si nous voulons protéger nos terres. Je pense notamment à l’agrivoltaïsme, qui ne doit pas se développer au détriment de la production alimentaire. J’ai aussi un œil attentif sur le PNR (Parc naturel régional), au sein duquel je suis installé. Si cet espace est superbe, c’est beaucoup dû à l’activité agricole qui l’entretient. Donc maintenir la viabilité économique des fermes est essentiel. Enfin, je ne peux pas être insensible au sujet du renouvellement des générations, puisque mes fils et mes neveux sont en âge de s’installer.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur FDSEA80

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture