Face à la hausse du prix des engrais azotés, le Gouvernement a mis en place une aide exceptionnelle destinée aux exploitations agricoles. Le dispositif prévoit une aide de 50 €/tonne d’engrais azoté simple éligible, portée à 70 €/tonne pour les exploitations les plus exposées, c’est-à-dire celles dont les dépenses d’engrais représentent plus de 10 % des charges du dernier exercice clos avant le 31 décembre 2025.
Initialement, seuls les achats réalisés entre le 1er juin et le 30 septembre 2026 devaient être retenus. Le Gouvernement a toutefois annoncé, dans le cadre du plan CASI présenté le 4 septembre, la prolongation du dispositif jusqu’au 31 décembre 2026, afin notamment de sécuriser les achats nécessaires à la campagne 2027. Le document officiel du ministère est très clair : « la période d’éligibilité des achats » est prolongée jusqu’au 31 décembre.
Quels engrais sont concernés ?
L’aide concerne les engrais minéraux azotés simples, notamment les ammonitrates, l’urée et les solutions azotées. Ils peuvent contenir des éléments secondaires comme le soufre, le calcium ou le magnésium, mais pas de phosphore ni de potassium.
Un plancher de 750 € d’aide par exploitation est prévu.
Mais un autre élément est essentiel pour savoir combien une exploitation peut réellement percevoir : le nombre de tonnes pouvant bénéficier de l’aide est plafonné en fonction du volume de référence de l’exploitation.
Le point essentiel : calculer son plafond
L’aide est plafonnée à 50 % du volume de référence d’engrais azotés simples.
Prenons un exemple très simple : une exploitation dispose d’un volume de référence de 100 tonnes. Son plafond est donc de :
100 t × 50 % = 50 tonnes aidables
Si elle bénéficie du taux de 50 €/t, l’aide peut atteindre :
50 t × 50 € = 2 500 €
Si elle remplit les conditions pour bénéficier du taux majoré de 70 €/t :
50 t × 70 € = 3 500 € d’aide
Si cette exploitation n’achète finalement que 40 tonnes d’engrais éligibles pendant la période retenue, l’aide sera calculée sur 40 tonnes. À l’inverse, si elle en achète 60 tonnes alors que son plafond est de 50 tonnes, l’aide restera limitée à 50 tonnes.
C’est donc ce calcul qu’il faut réaliser avant de raisonner ses prochains achats.
Cas concret : une exploitation de polyculture-élevage de 120 ha
Prenons maintenant le cas d’une exploitation de polyculture-élevage de 120 ha, avec un élevage bovin et un assolement diversifié : environ 47 ha de blé, 27 ha de pommes de terre, 10 ha de lin, 8 ha de betteraves, 6 ha de maïs ensilage, 5 ha d’avoine, 1 ha de jachère et 16 ha de prairies permanentes.
Sur son dernier exercice comptable, cette exploitation présente environ 60 000 € de dépenses d’engrais et amendements. Le poids des engrais représente plus de 10 % de ses charges : sous réserve de la validation des éléments comptables demandés par FranceAgriMer, elle entre donc dans la catégorie des exploitations pouvant bénéficier du taux majoré de 70 €/t. FranceAgriMer confirme que ce taux est réservé aux exploitations dont les engrais pèsent plus de 10 % des charges du dernier exercice clos avant le 31 décembre 2025.
Il reste alors à déterminer son volume de référence. Pour rendre le mécanisme facile à comprendre, supposons que celui-ci soit de 100 tonnes.
Son plafond est donc de :
100 tonnes ÷ 2 = 50 tonnes aidables
L’exploitation pourra ainsi percevoir jusqu’à :
50 t × 70 € = 3 500 € d’aide
Si elle a déjà acheté 35 tonnes d’engrais éligibles depuis le 1er juin, il lui reste potentiellement 15 tonnes pouvant entrer dans son plafond.
Si ces 15 tonnes correspondent à des besoins réels pour la prochaine campagne et qu’elles sont achetées pendant la période éligible, elles peuvent représenter :
15 t × 70 € = 1 050 € d’aide supplémentaire.
L’objectif n’est donc pas d’acheter de l’engrais uniquement pour obtenir l’aide, mais de vérifier son plafond avant de programmer les achats qui seront de toute façon nécessaires pour la campagne 2027.
Le bon calcul à faire dès maintenant
Chaque exploitant concerné doit finalement regarder trois chiffres : son volume de référence, la moitié de ce volume qui constitue son plafond, et les tonnes d’engrais éligibles déjà achetées depuis le 1er juin.
Par exemple :
Volume de référence : 100 t → plafond : 50 t → déjà acheté : 35 t → encore 15 t potentiellement aidables.
Au taux majoré, ces 15 tonnes représentent 1 050 € d’aide potentielle.
La prolongation jusqu’au 31 décembre 2026 donne ainsi davantage de temps aux exploitants pour ajuster leurs approvisionnements à leurs besoins pour 2027. C’est d’ailleurs précisément l’objectif affiché dans le plan CASI.
À retenir
50 €/t d’aide, ou 70 €/t lorsque les dépenses d’engrais représentent plus de 10 % des charges.
Un plafond correspondant à 50 % du volume de référence.
Un minimum de 750 € d’aide par exploitation.
Et désormais, une période d’éligibilité des achats prolongée jusqu’au 31 décembre 2026 dans le cadre du plan CASI.
Attention : une aide dans la limite de l’enveloppe disponible
Le dispositif est doté d’une enveloppe budgétaire limitée et les aides sont attribuées dans la limite des crédits disponibles. FranceAgriMer le précise explicitement dans les conditions du dispositif.
Les demandes étant traitées par ordre d’arrivée, il est donc conseillé de ne pas attendre la fin du dispositif pour déposer son dossier, même si la période d’éligibilité des achats est désormais prolongée jusqu’au 31 décembre 2026.
