Une délégation de maraîchers reçue en mairie d’Amiens : promesse tenue par Hubert de Jenlis, nouveau maire
Le jeudi 3 avril, le nouveau maire d’Amiens, Hubert de Jenlis, a accueilli en mairie une délégation du syndicat professionnel des maraîchers, hortillons, horticulteurs et arboriculteurs de la Somme. Une rencontre attendue, qui fait suite à une première réunion organisée le 5 février, au cours de laquelle le maire s’était engagé à réunir l’ensemble des partenaires concernés pour travailler concrètement sur les problématiques soulevées.
Une volonté de dialogue et d’action
Depuis près d’un an, les représentants du syndicat ont multiplié les démarches auprès des instances décisionnelles départementales afin d’alerter sur les difficultés liées aux inondations récurrentes et de présenter leurs projets de développement. La réunion du 3 avril s’est tenue en présence d’Alain Gest, président d’Amiens Métropole, Margaux Delétré, vice-présidente de la communauté d’agglomération, Pascal Bohin, vice-président du Conseil départemental de la Somme, en charge de l’aménagement du territoire et de l’agriculture, ainsi que Mathilde Degrendel, vice-présidente de la Chambre d’agriculture de la Somme, en charge de la diversification et des circuits courts. Étaient également présents les services de l’économie agricole, la police de l’eau et la direction environnement et littoral de la préfecture. D’emblée, Alexandre Cabral a posé les objectifs sur la table. « Nous voulons, à vos côtés, vous accompagner dans le développement d’une politique de croissance des Hortillonnages et de l’Île Sainte Aragone qui symbolisera et concrétisera la stratégie « Amiens Ville Nature » a martelé Alexandre Cabral.
Un nouveau souffle pour les Hortillons
Un constat partagé s’impose : une nouvelle génération de maraîchers émerge dans le département. Elle souhaite instaurer un dialogue constructif avec les élus et les administrations locales, et s’engager dans une dynamique collective au service du territoire.
Les représentants du syndicat ont rappelé leur volonté de contribuer activement au Projet Alimentaire Territorial (PAT), initié par Amiens Métropole et la Chambre d’agriculture de la Somme. Margaux Delétré a confirmé que la création d’un espace de formation demandé par la profession serait intégrée à la deuxième phase opérationnelle du PAT en 2025. Alain Gest a précisé que ce centre de formation pourrait s’inspirer de la structure existante sur Caen.
Le projet d’un espace test agricole pour former les futurs maraîchers figure parmi les priorités, tout comme la valorisation des productions locales. « Il faut réfléchir à la mise en place d’un label, à l’image des AOP, pour les produits issus des Hortillons et de l’Île Sainte Aragone. Ce savoir-faire mérite reconnaissance : c’est aussi l’image d’Amiens ! », a souligné Alexandre Cabral, maraîcher.
Inondations : un programme d’action renforcé
Les inondations ont occupé une place centrale dans les échanges. Après avoir à plusieurs reprises alerté les pouvoirs publics sur les épisodes de 2023 et 2024, les maraîchers ont salué l’annonce d’Alain Gest : l’Association Syndicale des Canaux des Hortillonnages verra son périmètre d’action élargi. Ce sont désormais 55 km de rieux qui seront entretenus dans les prochaines années, contre 14 km auparavant, grâce à un programme de dragage lancé dès cette année.
Marc Palfart, représentant la police de l’eau à la préfecture, a précisé que ces travaux seraient encadrés par l’Office Français de la Biodiversité et la Fédération de pêche et de protection des milieux aquatiques en prenant en compte autant que possible les spécificités du territoire des Hortillons. Marie-Hélène Parmentier a insisté sur l’importance de relever les terres agricoles à l’aide des boues de curage, y compris celles issues du réseau d’assainissement d’Amiens Métropole.
Vers une structuration collective
Face à la multiplicité des acteurs et des enjeux techniques, le syndicat propose la mise en place rapide de deux comités : un comité politique et un comité opérationnel, pilotés par la mairie et Amiens Métropole. Ces instances réuniraient les représentants du syndicat, des propriétaires riverains, des associations locales comme Art et Jardin ou l’Association de sauvegarde des Hortillons.
Parmi les priorités de travail : la restauration des ponts, la sécurisation des lieux, la stabilisation des berges, et bien sûr, l’entretien régulier des rieux. « Nous avons aussi besoin d’une plateforme de mutualisation, à l’image des coopératives agricoles, pour partager du matériel, organiser des commandes groupées de semences et de plants, ou encore pour le stockage de compost, fumier et terreau », a déclaré Jérôme Parmentier, maraîcher.
Une mobilisation collective pour un avenir durable
Les maraîchers de la Somme veulent prendre en main leur avenir et redonner une nouvelle image à leur profession. Déterminés, ils attendent désormais un soutien actif des pouvoirs publics pour relever les défis à venir.
Xavier Normand
