Après deux mois d’échanges réguliers, Trimble US a annoncé à la FDSEA de la Somme une adaptation de sa politique commerciale sur les licences en cas de vol de terminal.
Tout a débuté au printemps, lorsqu’un président de Cuma, adhérent à la FDSEA, faisait part de sa déception après un vol massif de GPS dans les tracteurs de la coopérative : au-delà des antennes et des terminaux, qui font l’objet d’une prise en charge des assurances, il demeurait une grande frustration pour les licences associées. En effet, celles-ci étant nominatives et liées aux écrans,
la réactivation des licences devenait impossible. La parallèle avec l’informatique, où les licences se transfèrent d’un ordinateur
à son remplaçant, ou les téléphones pour lesquels les applications suivent le compte, faisait naître une grande incompréhension virant au mécontentement. Pour le coup, l’opérateur était Trimble.
Négociations intenses
Nour Belhadj, juriste en droit des affaires à la FDSEA a alors engagé des discussions avec les responsables de Trimble, tant au niveau national qu’international, pour exposer les difficultés rencontrées par les agriculteurs et plaider en faveur d’une solution adaptée. Après plusieurs semaines de négociations intenses, Trimble a accepté de réévaluer sa politique relative à la réactivation des licences en cas de vol. Ainsi, à partir du 1er juin 2024, Trimble permet la réactivation des licences sous les conditions suivantes : déclaration de vol auprès des autorités compétentes (gendarmerie) ; achat des licences exclusivement auprès de distributeurs agréés par Trimble – les achats effectués via d’autres canaux, comme les plateformes de vente en ligne ou Leboncoin ne seront pas pris en compte – ; les licences doivent dater de moins de cinq ans et être accompagnées d’une preuve d’achat valide.
Trimble se réserve ainsi le droit de rejeter certaines demandes en cas d’abus ou de vols répétés au cours de l’année. La politique de
Trimble ne prévoit pas de remboursement pour les consoles et antennes volées. Seules les licences et abonnements pourront être réactivés.
Un effet boule de neige ?
C’est donc un grand pas réalisé par la firme majeure de la géolocalisation en agriculture, et qui va forcément satisfaire tous ses clients. C’est même un cas inédit et exclusif d’adaptation commerciale qui place Trimble en position favorable. Reste que la question à présent est de savoir si les autres opérateurs lui emboîteront le pas.
le point de vue de Nour Belhadj, conseiller juridique en droit des affaires à la FDSEA de la Somme.
Quand la Cuma nous a appelé, on a eu l’impression de s’attaquer à un mur. Tous les opérateurs semblaient avoir les mêmes dispositions, et ça semblait injuste pour les agriculteurs : ils subissent déjà des pertes de l’ordre de 10 000 € de matériel, et se sentaient doublement pénalisés par la licence qui n’est pas couverte par l’assurance, et qui peut s’élever à près de 5 000 €. Le chemin n’a pas été simple, pour entrer en contact avec la maison mère aux États Unis, mais nos interlocuteurs ont été à l’écoute. Les échanges ont été très réguliers entre nous, et au bout de deux mois, la réponse est satisfaisante. Une firme internationale qui modifie ses conditions commerciales, c’est une victoire pour l’agriculture. À présent, nous allons voir si les autres suivent, et si ce n’est pas le cas
spontanément à court terme, nous procéderons de même.
La réaction de Vincent Lepers, président de la Cuma de Belloy-sur-Somme.
Quand le vol a eu lieu dans la Cuma, et que j’ai appris que les licences n’étaient ni réouvertes par Trimble, ni couvertes par l’assurance, j’ai trouvé ça très injuste. Quand on travaille en Cuma, avec un terroir large, des situations de couverture variées et des bois partout, on préfère s’équiper en RTK satellitaire plutôt que par des balises au sol. Mais sur ce coup-là, avec les collègues, on l’a mal pris et j’en ai fait part à la FDSEA. On ne pensait plus vraiment à notre situation, mais à chercher à faire évoluer les conditions commerciales à l’avenir. Trimble a été à l’écoute, certes de notre situation, mais aussi de l’ensemble de ses clients. C’est aussi satisfaisant que la FDSEA se soit saisi du sujet, et n’ai pas hésiter à entrer en contact avec les équipes outre-Atlantique
