Le blaireau dans le collimateur des chasseurs et des agriculteurs

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Le blaireau se porte très bien dans la Somme. Tous les indicateurs sont au vert chez cette espèce et pourtant…

Le blaireau est une espèce essentiellement nocturne, ce qui rend inefficace la régulation par la chasse à tir de jour. Seul, le piégeage permet de réguler cette espèce efficacement. Un récent état des connaissances et mesures de gestion des populations de blaireaux en France a été réalisé par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage en 2014. Ce rapport témoigne qu’au niveau national, via le protocole à destination des services départementaux de l’ONCFS intitulé «carnets de bord petits carnivores», les populations de blaireaux sont au moins stables –voire en augmentation– géographiquement parlant et semblent donc dans un état de conservation favorable. De plus, il est cité que les populations de blaireaux se sont reconstituées au cours des deux dernières décennies au moins dans le nord-est du pays, après l’arrêt des campagnes de destructions de renards dans le cadre de la lutte contre la rage et après l’interdiction du gazage des terriers à l’aide de produit toxique (ANSES, 2011). Parallèlement, trois enquêtes d’envergure ont, à notre connaissance, été entreprises dans le département. Il s’agit de l’étude du nombre de blaireautières orchestrée dès 1983 par l’association Picardie écologie faisant état de 385 blaireautières dans le département. Sur la base du même protocole, la Fédération des chasseurs de la Somme a reconduit en 2002-2003 et 2013-2014 ce suivi qui montre une évolution positive du nombre de blaireautières passant de 1 557 sites à 1 617 en 2014, soit une augmentation de + 3,85 %, malgré une période de régulation accordée annuellement avec les résultats que l’on connait ! Tout récemment, des cartes d’abondances relatives ont été établies par petite région agricole par l’ONCFS. Ces indices d’abondances ont augmenté de 20 % partout dans le département entre les périodes 2004-2008 à 2009-2012. L’état des populations de blaireaux dans la Somme semble donc en bon état de conservation.

Des dégâts agricoles, mais un enjeu aussi de sécurité publique
Quels sont les principaux dégâts causés par le blaireau ? Ils sont multiples, mais dans tous les cas, les préjudices sont surtout agricoles : dégâts sur les cultures, dégâts sur le matériel agricole par l’affaissement des terriers sous le poids des engins, terrassement important sur l’emprise des parcelles et des chemins ruraux jouxtant les blaireautières, sans oublier les risques accrus de collisions routières. Chaque année des réclamations sont faites par des exploitants agricoles au sujet de dégât de blaireau sur du maïs et/ou du blé au stade laiteux. Egalement, les terriers de blaireautière arrivent parfois à l’intérieur des parcelles et augmentent le risque d’affaissement du sol lors des passages des engins agricoles. De plus, ces dégâts constatés n’entrainent aucune indemnisation.Les carnets de bord de la Fédération des chasseurs font état annuellement des collisions avec la faune sauvage dans le département. Le blaireau arrive souvent dans le trio de tête des espèces les plus percutés, ce qui est un indicateur de sa présence dans le département. De surcroît, le poids d’un blaireau adulte atteint celui d’un chevreuil (15 kg à 20 kg) et peut engendrer des dégâts sur les véhicules voire sur la sécurité des usagers de la route n’entrainant aucune indemnisation…

La régulation possible, mais menacée
Un arrêté très encadré avec l’aide des lieutenants de Louveterie permet chaque année, depuis 2004, de réguler l’espèce à l’aide de collet à arrêtoir. Des piégeurs sont nommés et peuvent pratiquer cet exercice du 1er juin au 15 septembre. Les déclarations de piégeage sont affichées en mairie et des carnets des prélèvements sont par la suite, en fin de période renvoyés à la Fédération des chasseurs. Les chiffres sont éloquents, près de 10 000 blaireaux capturés en onze années sur des périodes relativement courtes. Depuis l’année 2010, la barre des 1 000 blaireaux capturés annuellement est dépassée chaque année… Et ce, sans baisse des populations : les études réalisées montrent même une colonisation de nouveaux territoires de l’espèce d’ouest en est. Pourtant, sous la pression d’associations environnementalistes, les autorisations de piéger l’opportuniste petit ours des campagnes, (pour reprendre ce terme à la mode néo-rural), sont bien menacées faute de preuves.

Anthony DANESIN
Fédération des Chasseurs

 

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