Une charte pour que l’élevage ait encore de l’avenir dans la Somme

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Le 8 juin, la préfecture, le Département, la Région et les OPA ont signé, à Domléger-Longvillers, la charte Avenir Elevage 80.

Depuis février dernier, les organisations professionnelles agricoles (OPA) planchent avec la Région, le Département et l’Etat sur une action forte à construire en direction des éleveurs, qui veulent moderniser ou adapter leurs outils de production dans leurs exploitations. En arrière plan : la crise de l’élevage et la crainte que les éleveurs finissent par jeter l’éponge, ce qui finira par acter la disparition de toute une filière sur le territoire régional. Après les mesures d’urgence mises en œuvre par l’Etat et la Région, l’idée était donc d’aller plus loin, en réalisant une action sur le moyen terme.
L’inspiration est venue de la Région avec le lancement des audits-conseils le 11 mars dernier (cf. notre édition du 18 mars 2016), dont les objectifs sont d’analyser les forces et faiblesses de l’exploitation pour proposer des évolutions concrètes à mettre en œuvre et retrouver des perspectives et des marges de manœuvre. A partir de ces audits, la Chambre d’agriculture de la Somme a décidé de mettre en place un vaste dispositif de conseil, composé d’un diagnostic et de l’accompagnement de tout éleveur qui le souhaite, dans la trajectoire de son atelier de production animale sur cinq ans.
«C’est comme l’audit-conseil régional, mais en plus développé», résume Alain Waymel, directeur de la Chambre d’agriculture de la Somme. «La différence avec les audits réalisés en 2009, c’est qu’aujourd’hui, on doit organiser la résistance de la filière en attendant une meilleure conjoncture, et une résistance permettant d’anticiper les bons et les mauvais cycles économiques», ajoute Daniel Roguet, le président de la Chambre d’agriculture de la Somme.

Mode d’emploi
La porte d’entrée reste la Région. L’éleveur dépose sa demande sur le site dédié aux audits-conseils de la Région (1). L’audit est gratuit. Il se déroule en plusieurs étapes sur un jour et demi. Il y a ensuite une journée pour le conseil. Mais pour ceux qui souhaitent aller plus loin, et qui ont notamment des projets de reconversion, la Chambre d’agriculture propose deux outils supplémentaires : le plan performance et le contrat progrès.
Le premier, qui se déroule sur un jour et demi, comprend une analyse technico-économique, un Capacilait et une fiche «Avenir lait» pour optimiser les moyens de production existants. Le second, le contrat de progrès, d’une durée de trois jours et demi, inclut une réflexion globale sur le système de production. «C’est une véritable étude de projet incluant une analyse, un plan d’action et son optimisation, ainsi que le développement du projet particulier de l’éleveur», précise Stéphane Verscheure, responsable productions animales à la Chambre d’agriculture de la Somme.
En parallèle, il peut y avoir une vérification des capacités de stockage des effluents pour les exploitations situées dans les nouvelles zones vulnérables. Dans tous les cas, «c’est l’éleveur qui écrit avec les conseillers la trajectoire de son entreprise», indique Daniel Roguet. Coût pour l’éleveur : 20 % de l’enveloppe dédiée à ce contrat de progrès, le reste étant financé par la Région et le Département.

(1) planregional.soutienelevage@npcpic-elevage.fr

Chiffres clés

- 2 500 exploitations dans la Somme, soit 30 %
du chiffre d’affairesde la Ferme Somme
- 58 000 vaches laitières en 2014 pour uneréférence laitière de464 millions de litres produite à hauteurde 427 millions de litres, soit 20 % du lait produit en Nord-Pas-de-Calais-Picardie
- 26 400 vaches nourrices pour la productionde viande, soit 16 % du cheptel allaitant régional, et 5 600 truies reproductrices, soit 12 %du cheptel régional.

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