Pour la rentrée syndicale, la vigilance reste de mise

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A l’occasion de la rentrée syndicale, la FNSEA a fait le point sur les sujets d’actualité.

Si les aléas climatiques mettent encore un certain nombre de filières en difficulté, avec une production viticole extrêmement faible ou des rendements extrêmement hétérogènes pour les grandes cultures, les prix se redressent dans certains secteurs, comme en lait ou en viande bovine. Pour autant, les producteurs ne perçoivent pas forcément le fruit de ces augmentations, a rappelé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, lors d’une conférence de presse de rentrée, le 5 septembre dernier.
Sur cette question particulièrement brûlante, la FNSEA attend beaucoup des Etats généraux de l’alimentation, dont les ateliers du premier chantier ont commencé fin août. «La FNSEA, l’Ania, l’Ilec, Coop de France, la Feef et la FCD ont publié un diagnostic partagé montrant que la déflation des produits alimentaires avait pour conséquence directe la perte d’emplois dans les exploitations agricoles», souligne Christiane Lambert, qui attend des «avancées concrètes» : ajustements de la LME, et notamment encadrement des promotions et du seuil de revente à perte.
Des mesures qui permettront de «casser la destruction de valeur», précise Henri Brichart, vice-président de la FNSEA, et qui doivent être complétés par une réflexion sur le retour de la valeur aux agriculteurs, à travers l’organisation des producteurs, aujourd’hui freinée par un droit à la concurrence très stricte, et la contractualisation.
Ce retour de valeur à l’agriculteur ne se payerait d’ailleurs pas au prix fort pour les consommateurs : seulement 0,05 % d’augmentation sur les promotions, explique Christiane Lambert, alors que
«54 % des Français se disent prêts à payer un peu plus cher s’ils sont sûrs que ça va au producteur». «Il faut recréer de la valeur : quand tout le monde baisse, c’est du perdant-perdant-perdant», ajoute-t-elle.
Néanmoins, «la loi ne réglera pas tout», estime la présidente de la FNSEA. D’où un certain nombre de rencontres entre l’organisation et les distributeurs, «même Michel-Edouard Leclerc», précise-t-elle, ainsi qu’avec des ONG. La FNSEA organisera, par ailleurs, un «grand rassemblement à Paris», après le premier chantier des Etats généraux, pour réaffirmer le lien entre agriculteurs et citoyens, ajoute Christiane Lambert.

Irrigation et glyphosate
Parmi les autres sujets incontournables de cet été, la présidente de la FNSEA salue la prise de parole commune, par le ministre de l’Agriculture et par le ministre de la Transition écologique, qui a eu lieu début août sur le dossier de la gestion de l’eau. Ils se sont notamment engagés à faciliter la mise en place de réserves pour stocker l’eau en hiver et l’utiliser en été, et ont promis la mise en place d’un comité de suivi des projets en attente, d’ici fin octobre. Si ces décisions sont approuvées par la FNSEA, «nous allons être extrêmement pointus» quant à la mise en œuvre effective, prévient Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA. «Nous avons demandé à toutes nos FDSEA de remonter les cas qui coincent dans chaque département», en vue de ce premier comité, explique-t-il, car, depuis 2006, de nombreux projets d’irrigation ont été abandonnés face à l’ampleur des démarches administratives.
La vigilance sera aussi de mise dans le cadre du vote européen sur la ré-autorisation du glyphosate, après la prise de parole du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, s’engageant à voter contre au nom de la France. Sur un sujet aussi crucial pour les agriculteurs, dont les deux tiers utilisent la substance en l’absence d’alternative connue, «une concertation un peu plus étroite entre les membres du gouvernement aurait été nécessaire avant de s’exprimer», juge Christiane Lambert, qui a d’ailleurs appelé à plus de «discipline gouvernementale» lors des Universités d’été du Medef le 30 août. «La France est le premier pays utilisateur de phytosanitaires en Europe, mais c’est le 9e pays utilisateur quand on ramène le volume à l’hectare», tient-elle à rappeler.
Sans compter que le glyphosate permet de développer le non labour et les techniques de semis simplifiées, qui vont dans la lignée des pratiques plus respectueuses de l’environnement. «C’est le monde à l’envers !», s’exclame Eric Thirouin, d’autant plus que la substance n’a pas été jugée cancérigène par l’Anses. La FNSEA a demandé un rendez-vous à Nicolas Hulot, qui avait promis des rencontres mensuelles avec l’organisation pour évoquer les problématiques complexes, qui ont trait à l’agriculture et à l’environnement.

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