Les agriculteurs ont tenu leur Paris

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L’objectif de mobilisation a bien été atteint : ce sont environ 1 000 tracteurs qui ont convergé vers Paris ce mercredi 27 novembre de bonne heure, mais de mauvaise humeur.

Car c’est bien de la colère que les agriculteurs avaient l’intention de porter jusque dans les beaux quartiers de la capitale. Ils étaient 200 de l’Oise en convoi sur l’autoroute A16 ou sur l’A1 où ils n’ont pas manqué de provoquer d’énormes ralentissements : 10 km sur l’A16 et, à cause de l’occupation des trois voies de l’A1, pas prévue dans le déroulé mis au point avec les autorités, un gigantesque bouchon depuis le nord de Paris jusqu’au péage de Senlis ! Arrivés sur le périphérique, les agriculteurs l’ont trouvé accueillant et ont décidé de s’y installer. Casse-croûte, barbecue... tout avait été prévu pour une occupation qui pouvait durer jusqu’à ce que les représentants agricoles soient reçus par des membres du gouvernement.

L’accueil des Parisiens a été plutôt chaleureux, même si certains s’impatientaient derrière les tracteurs. Comme s’ils n’avaient pas l’habitude des embouteillages !

Parallèlement, une action surprise était menée sur les Champs-Élysées par des agriculteurs venus en voiture ou en bus, avec paillage sur les pavés de la plus célèbre avenue du monde et quelques empoignades viriles avec les CRS. #sauvetonpaysan était le mot d’ordre décliné sur les pancartes. Les nombreux interviewés par les médias faisaient part de l’agribashing, des accords commerciaux inacceptables, du manque de perspectives, de la contrainte réglementaire et de la perte de sens du métier.

Vers 15 heures, dans l’espoir d’un rendez-vous au plus haut niveau, l’attente commençait à peser et les manifestants à s’impatienter. «C’est le président de la République qu’on veut, sinon rien» pouvait-on entendre chez les agriculteurs prêts à s’incruster dans le bitume parisien.

Finalement, Christiane Lambert prenait la parole sur Twitter en direct des Champs-Élysées pour annoncer que la rencontre aurait lieu à 17h avec le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, en présence des conseillers agricoles de Matignon et de l’Élysée. La FNSEA devait être représentée par Christiane Lambert, Jérôme Despey, Patrick Bénézit et Éric Thirouin ; les JA par Samuel Vandaele et Arnaud Gaillot.

À 19 heures 30, la délégation sortait et faisait part des avancées. Sur les ZNT, le gouvernement s’engage à suivre les préconisations de l’Anses et à promouvoir les chartes de bon voisinage départementales. Sur la loi Egalim, le Président de la République, par l’intermédiaire de sa représentante, a fait savoir qu’il sera intraitable avec les industriels qui ne respecteraient pas la loi et notamment la construction en avant du prix. Enfin, la justice passera sur tous les actes de malveillance dont ont été victimes certains agriculteurs. Par ailleurs, FNSEA et JA seront reçus par Édouard Philippe, Premier ministre mardi 3 décembre dans la matinée. Le contexte agricole en général sera évoqué.

 

Des mobilisations ailleurs en France et en Europe
Les agriculteurs des Hauts-de-France, de Normandie, d’Île-de-France, du Grand-Est, de Centre-Val-de-Loire et de Bourgogne-Franche-Comté n’ont pas seulement bloqué Paris. Les autres FDSEA ont notamment paralysé des grandes villes comme Toulouse ou bien Lyon. De plus, la colère dépasse les frontières de l’Hexagone ! Le 1er octobre au Pays-Bas, 500 tracteurs avaient rejoint le centre de La Haye dans la matinée, alors que 15 000 agriculteurs étaient attendus pour la manifestation. Sous le slogan «Pas de fermiers, pas de nourriture», un pic de 1 136 kilomètres de bouchons cumulés a été atteint. En Allemagne, pour protester contre la politique agricole menée par le gouvernement allemand, 10 000 manifestants et 5 000 tracteurs sont allés devant la porte de Brandenburg à Berlin.

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