Editorial du 18 novembre 2016

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Pénaliser ou dépénaliser ?

En annonçant depuis 2012 l’interdiction probable de retournement des prairies, l’Etat a accéléré des attitudes de protection des entreprises : sur le papier ou sur le terrain, chacun a pu vouloir réduire ses surfaces en prairies, de peur que cela devienne impossible. Croire qu’annoncer une contrainte a un effet vertueux est un pur raisonnement de technocrate ! C’est la même logique qui fait que quand on annonce une tranche d’impôts à 75 %, l’évasion fiscale augmente et les recettes baissent sur les tranches élevées… Qu’importe ! Nous avions prévenu du caractère dangereux de telles annonces, et une fois de plus la réalité nous donne raison. Il est hors de question de nous désolidariser les uns les autres en disant «tel agriculteur ou tel département a retourné plus que les autres, c’est à lui de subir les conséquences ». Nul n’a à subir de conséquences, encore moins rétroactives. Je tiens à l’élevage et à la biodiversité. Mais je suis sûre qu’avec autant de contraintes et aussi peu de rentabilité, aucune loi, interdiction ou sanction ne suffira à endiguer le phénomène. On ne peut pas obliger les agriculteurs à rester éleveurs, même en interdisant le retournement des prairies. C’est l’économie qui prime, et comble du comble, parmi les rares souplesses de retournement, il y a le fait d’être dans la procédure «agriculteur en difficulté» ou en redressement judiciaire. C’est dire la bêtise du raisonnement du ministère. Cela me donne néanmoins une idée : il est hors de question de réimplanter de l’herbe en pareille circonstance… sauf si elle est rentable ! Alors, poussons le bouchon ! Il y a des herbes rentables en ce pays, mais je crois qu’elles se fument… Avec l’avalanche de textes qui n’ont aucun sens depuis plusieurs années, je suis convaincue qu’il y a un marché national porteur, et que cela peut sauver les terres enherbées. Je ne sais pas s’il faut dépénaliser quoi que ce soit, mais je suis sûre qu’il ne faut pas pénaliser l’agriculture !

Françoise Crété Présidente de la FDSEA

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