Editorial du 16 mars 2018

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SIE : des contraintes par plaisir ou par bêtise ?

Pas de rendez-vous le 13 août… ni le 6, ni le 20… Il faudra peut-être que je sème mes SIE… Voilà ce que pourraient devenir nos conversations bientôt. La cause ? Une nouveauté de plus dans l’application de la Pac. La réforme des surfaces d’intérêt écologique prévoyait certes une interdiction de destruction chimique mais, de surcroît, une présence en terre de huit semaines. Qu’il s’agisse de SIE «agronomiques» en interculture ou de SIE fourragères, une présence de huit semaines n’est pas anormale, et on n’y voyait pas de malice. Sauf qu’à présent, on nous demande de fi xer par arrêté départemental une période obligatoire unique pour toutes les SIE… et, qu’en plus, on nous met en garde contre le risque de non-versement des avances si cette fameuse période de huit semaines va au-delà du 15 octobre… Et là, on a compris qu’il s’agit d’une nouvelle trouvaille des cerveaux qui ont refaçonné l’outil déclaratif de la Pac en France. Comment s’y prendre correctement dans un département comme le nôtre ? Rien qu’entre les premières SIE implantées début juillet et les dernières mi-septembre, il y a plus de huit semaines… Et pour les éleveurs qui implanteraient un couvert dérobé en SIE en mélange en septembre, il n’y aurait plus d’avance des aides Pac. Nous savons tous que nos SIE vont rester en terre plus de huit semaines, car il le faut pour qu’elles aient un effet utile, mais nous avons tous besoin de les implanter en fonction de leur vocation, et, sans doute un détail pour le ministère, en fonction de la météo, des travaux de récolte, des épandages et déchaumages… Quant à la menace sur les ATR, elle est inacceptable de la part d’une administration qui a, d’un côté, cumulé les mois et les années de retard, et de l’autre, parfaitement su récupérer des sommes sur les aides quand il y a eu un trop versé à un moment. Voilà pourquoi, en l’état, nous ne pouvons pas accepter un système qui fi ge des dates sans raisons agronomiques (alors que précisément sur les zones vulnérables, nous avons réussi à trouver une vraie souplesse sur les calendriers), qui changeraient ces dates tous les ans et qui risquent de pénaliser des agriculteurs sur les dates des versements. Le système doit être totalement assoupli, voire individualisé. A force, on se demande si on nous crée ce genre de contrainte par bêtise ou par plaisir. Qu’on fasse confi ance aux agriculteurs, et qu’on les laisse bien bosser en paix ! Ils n’ont besoin ni d’incompétence, ni de sadisme pour cela ! Il n’y a aucune bonne réponse, et ce n’est certainement pas à nous de cautionner une date qui mettrait ne serait-ce que certains d’entre nous en difficulté.

Simon Catteau
Vice-président de la FDSEA

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