Editorial du 16 décembre 2016

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Frankenstein !

Non, ce n’est pas le nom du conseiller du ministre que nous avons rencontré sur le sujet des prairies permanentes, même si son absence absolue de capacité à dialoguer et discuter en est proche... Frankenstein, c’est le nom que peut porter l’application française de la Pac. Car, aujourd’hui, la Pac «Made in France» est à l’image du mythe : une créature qui est à sa genèse une prouesse scientifique, mais qui se révèle à l’usage une monstruosité qui échappe totalement au contrôle de son créateur. La polémique autour des prairies permanentes l’illustre parfaitement : est-ce une contrainte européenne ? Non, pas à ce point, car il est possible pour l’Europe de comptabiliser d’autres surfaces enherbées pour tenir compte de l’évolution et de la rentabilité des systèmes. Mais la France a fait un autre choix. Plus dur, plus compliqué... à tel point qu’il ne prend même pas en compte toutes les prairies. A tel point que son mode de calcul fait que le ratio peut se détériorer, même si aucun agriculteur ne retourne de prairie... A tel point que ceux en charge du dossier ne sont pas en mesure de l’expliquer... mais appliquent des sanctions sans éprouver ni doute ni remord. Ce qui est inquiétant, c’est qu’à la fin de l’histoire, la créature tue son créateur avant de disparaître... Entre le gouffre dans lequel cette application de la Pac a entraîné les administrations locales, et l’écoeurement qu’elle suscite auprès des agriculteurs, la comparaison n’est malheureusement pas terminée. Je demande la révocation de M. Maestracci, géniteur de cette machine infernale, pour faute grave : il endosse personnellement la responsabilité de la complexité des déclarations Pac depuis deux ans, du retard dans les dossiers, du fait de n’avoir pas sorti de ratio en 2015, d’en avoir sorti un approximatif en 2016, et de focaliser la faute sur les agriculteurs. Il faut parfois être radical : pour échapper à Frankenstein, il faut neutraliser son créateur avant qu’il ne soit trop tard...

Françoise Crété Présidente de la FDSEA

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