Valeur du maïs sur pied 2015

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

A l’inverse de la récolte de maïs 2014 et de celle des céréales en 2015, le rendement en grains du maïs cette année sera pénalisé par les conditions météorologiques à hauteur de 20 à 30 %. C’est le principal enseignement qui est ressorti du tour de table entre les producteurs de maïs et les éleveurs au cours de la réunion de la section «Maïs» de la Fdsea, le 8 septembre, à Amiens, présidée par Stéphane Dodeuil, avec la participation de Thibaud Leroy, conseiller à la Chambre d’agriculture de la Somme.
Certes, les terres les plus profondes seront moins pénalisées, mais les terres blanches ou de moins bonne qualité accusent un décrochage important. «Il n’y aura pas de gros rendements en petites terres», a résumé Thibaud Leroy. Au final, les participants ont considéré que le rendement moyen devrait se situer à 80 quintaux et ont souhaité retenir une fourchette large de 70 à 90 quintaux pour tenir compte de la grande disparité de situations. Celle-ci s’explique par la pluviométrie, facteur le plus limitant du potentiel de rendement.
Chacun a, en effet, pu constater de grosses différences en fonction des quantités d’eau qu’ont pu recevoir les parcelles. A noter que les effets de la sécheresse ont pu se faire sentir parfois dès la levée. Dans le secteur de Conty, le printemps a été froid et sec, le maïs a végété. Au manque d’eau persistant est venu s’ajouter la chaleur, et le maïs n’a pas pu se développer correctement, ni produire les grains attendus. Il a été parfois observé une multiplication inhabituelle des pains. «C’est le signe du stress hydrique qui déclenche le réflexe de préservation de l’espèce chez la plante, mais ces pains ne seront pas remplis», a expliqué Thibaud Leroy.

Privilégier la destination en fourrage
«En petites terres, quand les maïs sont peu développés et que le rendement espéré devrait plafonner à 65-70 quintaux, il vaut mieux éviter le battage en grains», a préconisé Thibaud Leroy. De son point de vue, il considère que le délai nécessaire à la maturité de cette végétation va être plus long que la normale et, du coup, hypothèquera le potentiel de rendement du blé qui suivra. En revanche, l’ensilage peut intéresser un éleveur et libèrera la parcelle plus tôt.
D’une manière générale, les premières analyses montrent que l’année est précoce et la maturité gagne 3 à 4 points de matière sèche par semaine. Les secteurs les plus avancés en sont déjà à 30 % de matière sèche. Les plus tardifs sont plutôt à 24 %, mais progressent vite aussi. «Les ensilages devraient débuter vers le 15 septembre, soit une dizaine de jours plus tôt qu’une année normale comme 2014», a souligné Thibaud Leroy. Il a rappelé au passage que, pour améliorer le rendement, il faut augmenter les indices, tout en tenant compte du type de sol. «Plus le cycle de la culture est long, plus il y aura de rendement !», a-t-il indiqué.

Viser la date optimum de l’ensilage
Les conseils techniques pour déterminer la période d’ensilage ont fait leur preuve au fil des années. Il est possible de connaître la date assez longtemps à l’avance en suivant l’évolution de la matière sèche telle qu’elle est publiée chaque semaine dans nos colonnes, et ainsi récolter au stade optimum.
Thibaud Leroy rappelle que c’est l’évolution de la matière sèche qui doit guider la décision d’ensiler. Il ne faut pas se fier à l’état général de la plante, d’autant que la génétique a produit des variétés qui restent vertes plus longtemps que par le passé. En conditions normales de végétation, l’objectif est d’ensiler entre 32 et 35 % de matière sèche plante entière.
Pour des plantes très développées, ce sera plutôt à 30-32 %, tandis que pour des plantes plus courtes avec de gros épis, ce sera à 34-37 %. En pratique, c’est trop tôt quand il n’y a pas d’amidon vitreux, et c’est trop tard quand il n’y a plus d’amidon laiteux.

Maîtriser la finesse de hachage
Le hachage a deux objectifs apparemment contradictoires : hacher fin pour faciliter le tassement du silo et laisser des brins assez longs pour la rumination des vaches. Le tamis secoueur est un outil efficace pour en juger la finesse. Les gros morceaux (> 20 mm) sont indésirables, car ils gênent le tassement du silo et provoquent des refus à l’auge. S’ils représentent plus de
1 % de la masse du fourrage, ils peuvent entraîner une baisse de consommation par les vaches.
La présence de plus de 1 % de gros morceaux (un gobelet pour un seau de 10 litres) traduit un défaut de réglage ou d’entretien de l’ensileuse. Les particules moyennes (de 10 à 20 mm) sont indispensables. Elles favorisent la mastication, la rumination, et donc la salivation. Elles maintiennent un bon fonctionnement du rumen et assurent une meilleure valorisation des grains.
L’objectif est d’en avoir 10 % (en poids) à l’auge. Il est vrai que moins il y a de particules moyennes, meilleur est le tassement, surtout si la teneur en MS du maïs dépasse 35 %. Le réglage de la quantité de particules moyennes se fait en agissant sur la longueur théorique de coupe, c’est-à-dire sur la vitesse de rotation des rouleaux d’alimentation de l’ensileuse. Selon les machines et les accessoires d’affinage, on obtient 10 % de particules moyennes, avec des longueurs théoriques de coupe de 6 à 10 mm sur les ensileuses. La coupe des particules doit être franche et nette. L’affûtage automatique des couteaux, disponible aujourd’hui sur les machines, permet leur affûtage régulier, même en cours de chantier.

La récolte de blé pèse sur les cours du maïs
Selon les participants à la réunion, un certain nombre d’éleveurs seraient à la recherche d’hectares de maïs à ensiler pour compenser le manque de volume de la récolte 2015. Ce 8 septembre, même si la cotation à terme sur novembre est supérieure à celle de l’an dernier, le contexte du marché européen, et même mondial, est différent.
Actuellement, le maïs est fortement concurrencé par le blé dans l’alimentation animale. Il a fallu tenir compte de la forte tendance à la baisse qui a fait perdre au maïs, 35 euros la tonne en deux mois pour établir la base de prix prévisionnel de la campagne 2015-2016.
D’un commun accord, il a été décidé de retenir 140 euros la tonne brute comme base de prix contre 150 euros la tonne en 2014. Compte tenu des autres éléments qui entrent dans le calcul, la valeur moyenne d’un hectare de maïs sur pied de la récolte 2015 se situe entre 567 euros de l’hectare pour 7 tonnes de rendement en grains et 743 euros l’hectare pour 9 tonnes de rendement en grains.

icone_excel.jpgCalculez la valeur de votre maïs sur pied

Mais

Toutes les émissions dans la médiathèque